Le voyage entre le lodge et le parc du Ngorongoro vaut un article à lui tout seul!
Après le reveil matinal et un petit déjeuner plus que copieux (rhalala des crêpes, si je pouvais en avoir tous les matins!!) départ pour le parc du Ngorongoro. Il s’agit d’une aire de conservation située à l’ouest d’Arusha (dans le nord du pays donc) juste avant l’entrée du parc Serengeti! Nous avons environ 150km de route à parcourir, deux gros 4×4 viennent nous chercher au lodge, il devrait nous falloir environ 3h pour nous rendre jusqu’au parc. 6 dans une voiture, 4 dans l’autre, tout le monde a une fenêtre pour observer l’extérieur. Les toits des voitures peuvent s’ouvrir pour permettre d’observer encore mieux les animaux!
C’est le départ. Nos chauffeurs conduisent assez vite sur les chemins de terre avant que nous ne rejoignons les parties goudronnées. Dans Arusha, c’est l’heure de pointe et nous faisons face à quelques embouteillages. Alors que le chauffeur de la voiture de Béné patiente tranquillement, le notre déboite, accélère, double en triple file et se rabat in extremis devant un camion. Avec Fred nous nous regardons, ma ceinture de sécurité est totalement inutile (il suffit de tirer dessus à la force du bras pour quelle se défasse) mais je la resserre quand même. Quelques minutes plus tard, alors que le trafic se fluidifie nous doublons en sommet de côte, traversant allègrement une bande blanche et avec un respect des distances de croisement assez faible (la voiture en face de nous passe dans le bas-côté pour nous éviter). Le chauffeur rigole « ça vous faites pas en France hein ? ». Ben non, ça on ne fait pas. Le chauffeur nous explique que s’il se fait arrêter par la police il devra payer une amende, qu’il soit en règle ou non, alors autant de pas être en règle comme ça il n’aura pas de regrets!!
Le route continue, un peu partout des contrôles de police, notre guide nous donne quelques explications sur les paysages traversés : dans un premier temps de grandes plaines réservées aux Maasaï pour leur habitât et l’élevage des animaux. Nous en voyons régulièrement, certains portent des machettes, d’autres de longs bâtons de bois. La couleur rouge de leurs vêtements se distingue parfaitement dans le paysage jauni par le soleil.
Nous poursuivons notre route, il ne faut plus prendre de photos maintenant, nous traversons une base militaire. De base nous ne verrons pas grand chose, par contre de nombreux soldats sont sur le bord de la route pour attendre un bus ou une navette. Nous croisons ou doublons régulièrement des cyclistes sur des vélos de route.
Je regarde de temps en temps le compteur de la voiture, 100, 120km/h, j’essaye de faire un peu de calcul mental mais je ne vois pas comment nous pourrons mettre 3h pour 150km à cette allure! De temps en temps nous ralentissons.Légèrement pour traverser un village, ou plus fortement au passage d’un des très nombreux dos d’âne présent sur la route (visiblement la seule mesure efficace pour limiter la vitesse … par contre c’est ultra inconfortable!!)
Ce qui devait arriver fini par arriver, à un des 15 ou 20 barrages de police croisés on nous fait signe de nous arrêter. Le chauffeur ralenti, attend que le poids lourd garé au contrôle démarre …. puis accélère, déboite et double le camion en train de repartir, un œil dans le rétroviseur!! Inutile de dire que nous sommes estomaqués par ce qui vient de se passer, un délit de fuite en Afrique de l’est, ce n’était pas au programme du voyage!!
Le chauffeur rigole à nouveau « ah ça vous ne faites pas en France hein ? ». Bah non, ça non plus on ne fait pas!! Il s’explique : « je ne me suis pas arrêté parce qu’ils sont fous, ils m’auraient posé plein de questions. Puis il y a une règle, si on est avec les touristes on a le droit de ne pas s’arrêter ». Ah bon, s’il y a des touristes on a le droit ne de pas s’arrêter, tout va bien alors!!
La route commence à s’élever à l’approche du Ngorongoro, nous faisons une pause pour admirer la plaine en contre bas. Je m’aperçois alors que, voiture à l’arrêt, le compteur annonce toujours 60km/h! La jauge d’essence est toujours à son maximum alors que nous roulons depuis deux heures … Tout va bien!
Nous repartons, un peu plus doucement cette fois, un groupe de singes passe sur le bord de la route, excitation générale. Gopu ouvre sa vitre, Mael se précipite depuis l’autre côté de la voiture pour prendre une photo et passe sans le faire exprès à moitié au travers de la fenêtre ouverte … fou rire général!
sur cette image se cache un Maasaï!
Les troupeaux domestiques sont tous un mélage de vache et chèvre avec parfois des ânes
Un peu plus loin, nouveau contrôle de police, cette fois notre chauffeur s’arrête, il échange quelques mots en swahili avec le policier, puis le remercie. Un rapide tour de la voiture et le contrôle de la vignette d’assurance effectué, le policier lève le pouce, nous repartons!
Je m’endors sur la fin de la route. Aux alentours de 10h nous arrivons aux portes du Ngorongoro, sains et sauf mais un peu secoués par les heures de route!