Après une courte nuit, nous nous dirigeons vers le restaurant du lodge… Un peu en retard, d’une manière très inconsciente j’ai confondu heure du réveil et heure du rendez vous! A la lumière du jour le lodge est super sympa, avec de petits bungalows en guise de chambres! Le reste du groupe est déjà là, nous faisons un peu plus connaissance qu’hier, métiers, motivations et programme de la journée sont au menu du petit déjeuner à l’accent britannique servi par le lodge!
Nous décidons de nous donner rendez vous à 11h avec le reste du groupe pour une excursion dans Arusha. Nos guides touristiques racontent tous la même chose : ville de 300 000 habitants à environ 1300/1400 m d’altitude. Son principal intérêt est d’être le point de départ des treks de la région, à ne pas négliger en cas de visite : le tribunal pénal international pour le Rwanda et le marché. Après une brève concertation ce sera le marché! Nous demandons à l’accueil d’appeler des taxis, suite à un bref négoce il nous en coutera 25$ par voiture (deux voitures de 6 places!) pour l’aller, le retour, et l’attente sur place. Nous ne sommes pas encore habitués aux tarifs locaux mais ça semble bien, en route pour Arusha!!
Je pars dans la ville sans mon appareil photo sur les conseils d’Allibert : un appareil « haut de gamme » (ce qui est très relatif dans mon cas) peut représenter un an ou plus de salaire ici, autant de pas créer de problème, je prends quelques photos avec mon téléphone portable depuis la voiture puis au Massaï Market. Les routes sont bordés par des maisons sans crépi ou peintes avec des couleurs pastels, il y a des trottoirs presque partout, les caniveaux sont immenses pour la saison des pluies. Des publicités sont omniprésentes; Coca, Pepsi et Vodacom en tête. Partout des gens qui marchent et un respect du code de la route relativement approximatif!
Nous passons devant les bâtiments austères du TPI pour le Rwanda, de grandes paraboles rappellent l’aspect international de cette institution, le chauffeur marmonne une phrase en indiquant le lieu puis accélère pour traverser un carrefour.
Nous arrivons finalement au Maasaï market … et pas market tout seul, en effet à notre surprise les taxis ne nous ont pas conduit au vrai marché mais à un marché pour touristes … il faut bien le dire. Les échoppes de 5 à 7m carrés s’enchainent, les commerçants sont avenants au possible, multipliant invitations et serrages de mains. Rapidement l’atmosphère devient pesante, la sympathie est trop ostentatoire, il y a trop de marchants, trop de produits identiques, de temps en temps une main serrée refuse de nous laisser repartir ou une tape sur l’épaule devient une pression continue vers une échoppe. Nous battons tous en retraite sans rien acheter, il n’y à que Quentin qui s’attarde pour discuter kayak avec un Tanzanien!
Nous partons ensuite à la recherche d’un restaurant, ceux indiqués par le guide ne sont pas ouverts ou nous nous égarons. La ville n’est pas très jolie mais nous ne nous y sentons pas mal, des enfants jouent, des magasins sont ouverts un peu partout. Notre seul vrai problème vient des trop nombreux marchants à la sauvette ou rabatteurs qui sont capables de nous suivre sur plusieurs centaines de mètres pour essayer de vendre un chapeau ou un guide! « Free for the eyes », « Sunday price » tout y passe, encore et encore les mêmes arguments, ça devient très pesant. Nous sommes finalement abordés par un francophone à l’accent parfait, il indique n’avoir rien à faire et avoir envie de parler Français, il peut nous orienter vers des restaurants mais si nous ne voulons pas ce n’est pas grave! Finalement après nous être une nouvelle fois perdus nous le suivons dans un restaurant « compatible avec les touristes » d’un point de vue nourriture. Les plats sont en effet très occidentaux, j’opte pour des lasagnes, notre guide se fait offrir à manger en échange des 10 touristes amenés.
Les lasagnes arrivent, finalement elles ne sont pas si occidentales que ça!! Sans béchamel ni vrai bolognaise mais avec de la coriandre et du céleri … ça passe! Notre guide du jour nous indique des groupes d’hommes porteurs de drapés à carreaux rouges / bleus. Il s’agit de vendeurs de Tanzanite : une superbe pierre précieuse locale! Le drapé est un marqueur social qui permet aux vendeurs d’être reconnus, même si tout se passe dans la rue il vaut mieux ne pas prendre de photos!
Nous laissons 10$ à notre guide avant de rentrer au lodge vers 15h, un peu fatigués par les multiples sollicitations de la journée mais heureux de la visite de la ville! Nous retrouvons Obédi (écrit phonétiquement!) le chef guide de notre expédition et Quentin (qui n’est pas le même que celui dont j’ai parlé précédemment), support local d’Allibert. Nous avions déjà vu Obédi la veille à l’aéroport, c’est lui qui avait fait le tri entre les groupes et nous avait accompagné jusqu’au lodge! La quarantaine, pas très grand, assez fin, il parle avec l’assurance de celui qui sait et le calme de celui qui commande, un gros charisme se dégage de lui et tout le monde l’écoute. Quentin est d’une toute autre veine, il n’est pas très au fait du contenu de notre voyage « euh oui le repas de ce soir, attendez, je vais vérifier », « ah bon il n’y a pas marqué que c’est obligatoire ? », « oui non peut être ». Bref il est surtout là pour récupérer les 680$ par personne que coute l’entrée du parc, évidement il est venu sans monnaie (bah oui 680USD, tout le monde à le compte exact, arriver avec des billets de 20 aurait peut être été compliqué!!) et refuse les billets d’avant 2002 « sinon je vais avoir du mal à les encaisser sur place ». Après quelques échanges de monnaie entre participants le compte est bon. Nous rencontrons aussi David, apprenti guide, il doit avoir la moitié de l’âge d’Obébi et est en apprentissage cette année pour devenir guide l’an prochain. Son sourire est aussi large que son visage, plutôt petit et plus frêle qu’Obedi, il semble encore timide et hésitant sur son français mais respire la sympathie et la gentillesse!
Obédi nous remet les sacs qui seront confiés aux porteurs . Le poids maximum est de 9kg, Quentin à une balance, mais il doit partir dans 15 minutes, du coup il faudra faire sans, heureusement Gopu est équipé d’une « lampe de poche-balance » qu’il pourra nous prêter. Quentin nous dit qu’il essayera de repasser nous voir avant la fin du séjour mais ce n’est pas sur qu’il ait le temps … sans surprise nous ne le recroiserons pas.
Nous partons faire un tour dans la piscine du lodge pour nous détendre avant de préparer les sacs du trek. Nous découvrons à ce moment que Béné a oublié une de ses gourdes, de mon côté je n’ai ni bâtons ni guêtres (optionnels sur la fiche du séjour mais obligatoires du point de vue du guide). Normalement nous devons faire une étape par Moshi avant d’entrer dans le parc qui nous permettra de compléter l’équipement.
Nous retrouvons le reste du groupe pour peser nos sacs et partager une bière « Kilimandjaro » avant d’aller diner ensemble au restaurant du lodge (payé par Allibert mais organisé d’une manière un peu bancale!)
Nous rentrons pleins d’excitation à la chambre pour nous coucher : demain nous foulerons les flans du Kilimandjaro!