Uhuru peak (5895) – Kibo Hut (4700m)

Comme prévu malheureusement , Daniel a un de ces physiques exceptionnels qui avalent les kilomètres quand les autres ne font que des mètres. Les mains dans les poches, à 5700m d’altitude il vole au dessus des rochers, déroule dans les descentes et accélère en montée. Au bout d’une demi heure je craque et je demande une pause. Je m’assois et m’endors aussitôt. Nous sommes rattrapés par le groupe suivant, Emmanuel me réveille, Daniel me donne un gâteau sec, je n’ai pas faim, mais, si le guide dit de manger, il faut manger! Béné me tend sa gourde, son eau s’est réchauffée, je bois, j’ai l’impression que la vie coule le long de mon œsophage, ça va mieux.

Nous repartons, toujours à bon rythme, il nous faut un peu moins d’une heure pour faire Uhuru peak – Gilman’s point(contre 1h30 a l’aller) mais le plus dur est à venir : 4 km de descente à 20% de pente. Daniel ne s’embarrasse pas des virages, nous suivons un chemin parallèle qui descend sans détours! Il marche alors que je cours, Béné qui m’a laissé ses bâtons  le suit de près, Gopu et moi sommes à la traine. Lors d’une deuxième pause je dépose toutes mes affaires chaudes dans mon sac, je bois encore un peu, ça va de mieux en mieux, nous repartons plein rythme, nous doublons en bordure de chemin des personnes qui ont l’air de marcher à un rythme tout à fait normal, j’observe que certains marcheurs sont équipés d’une bouteille d’oxygène. Un peu dommage pour un sommet comme celui là! Nous ne ferons que deux pauses dans la descente, 1h pour presque 1000m de dénivelé. Nous arrivons au campement parmi les premiers, Daniel se retourne, grand sourire, il lève sa main pour un high-five. Mollement je claque ma main dans la signe et glisse un « thank-you » reconnaissant.

Je rentre directement dans notre tente et me couche sur le dos sans prendre la peine de la refermer, les chaussures dans l’auvent. La peau de mon visage me brûle, j’ai l’impression qu’elle a rétréci, je bois une gorgée à ma gourde, l’eau est toujours gelée, je me rends alors compte que ce sont mes chaussettes thermiques que j’ai utilisées pour protéger les gourdes : elles n’ont pas réchauffé au soleil et je me suis gelé les pieds … ma tête tourne un peu, je ferme les yeux. Il est 10h15, j’ai fait le Kili.

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