Le réveil est une nouvelle fois matinal, le soleil se lève vers 6h du matin, nous sommes donc à peu près tous réveillés avant les 7h préconisées par le guide. La nuit n’a pas été très bonne, le bruit du camp et une température de confort de nos duvets largement inférieure à la température extérieure ont rendu notre sommeil moins profond qu’espéré! Une nouvelle bassine d’eau chaude nous est proposée pour nous aider à nous remettre. Une fois sortis de stase nous refaisons à la hâte nos sacs à dos et les sacs pour les porteurs, rendez vous 7h30 dans la tente de mess pour le petit déjeuner. Une nouvelle fois nous sommes surpris par l’ampleur du service. Porridge pour commencer, thé ou café pour continuer avec des toasts de pain de mie grillé … suivi d’une session crêpes. Pour être sûrs que nous n’ayons pas de fringale Massaoué apporte ensuite une tournée d’omelettes et de saucisses!! Obédi nous explique qu’il est très important de beaucoup manger à ce moment du parcours, une fois les 4000 dépassés nous n’aurons plus forcément faim et puiser dans nos réserves sera notre seule option!
08h10, nous quittons Simba Camp, les porteurs ont déjà plié toutes nos tentes, nous avons donné nos gourdes qui ont été remplies par les guides… on ne sait trop où! Il faut mettre une micropur rappelle Obédi! Nous partons, mais n’allons pas bien loin. Dès le premier virage les majestueux flans du Kibo s’offrent à nous. C’est la première fois depuis que nous sommes arrivés que nous avons une telle vue sur le sommet. Nous prenons tous des photos, la motivation est à son maximum. Le sommet blanchâtre fait honneur à la légende des neiges du Kilimandjaro, le massif est impressionnant, seul au milieu de rien nous avons du mal à juger de sa distance et de sa taille. Une chose est sûre nous y allons!
La marche reprend, toujours polé polé, nous progressons à une vitesse ascensionnelle très stable : 200m de dénivelé par heure. Du coup en terme de rythme de pas, tout dépend de la pente! Depuis Simba camp nous avons quitté la forêt pour nous retrouver dans un environnement plus « maquis » où arbustes et buissons ont remplacés les arbres. Nous faisons des pauses régulières, l’ambiance dans le groupe commence à être très bonne, difficile de croire que trois jours avant nous ne nous connaissions pas!
Des porteurs nous doublent régulièrement, ils lancent un polé polé auquel nous répondons pas un « haraka haraka » qui veut dire « vite vite ». Ils rigolent, nous aussi, puis nous dépassent sans se retourner, leur barda en équilibre sur la tête. Petit à petit le temps se couvre et nous perdons de vue le Kilimandjaro, au bout d’un peu plus de quatre heures de marche la faim commence à nous travailler … heureusement la pause déjeuner approche!
Comme d’habitude tout est parfaitement organisé : la tente de mess est montée et le repas est prêt au moment où nous arrivons à un camp intermédiaire : Second Cave Camp. Le nom des camps est donné en raison des caves naturelles ou créées par des coulées de lave (cf photos ci dessous). Le repas commence à nouveau par une soupe. Obédi nous explique que nous aurons toujours de la soupe, c’est un bon moyen de nous hydrater, et il est très important pour nous de rester hydratés! Nous enchainons avec des spaghettis aux légumes : carottes, céleris, tomates et morceaux de bœuf. Surprenant à l’altitude du sommet des Pyrénées! Pendant le repas, le temps s’est encore un peu dégradé, je tente les toilettes classiques (les chimiques sont transportées dans le cadre de l’expédition Allibert, les classiques sont dans des cabanes en bois présentes à chaque campement). C’est encore plus radical que des toilettes turques, la fosse doit faire 3/4 m de profondeur, l’odeur est stupéfiante, vraiment.
Vers 14h nous repartons en direction de notre destination finale de la journée : Third Cave camp, nous avons marché environ 4h ce matin, il nous reste 2/3h pour cette après midi. Le repas était copieux et nous serions tous favorables à une sieste mais il faut y aller « polé polé » pour arriver suffisamment tôt avant la fin de journée!
