La marche reprend, le vent a fait son apparition mais le fond de l’air reste très agréable, on me fait remarquer un double coup de soleil derrière mes bras …. je m’habille un peu plus tant pour éviter d’aggraver la situation de mes bras que pour éviter un rhume!
Petit à petit la végétation se transforme, les bosquets ont complètement laissé place à des buissons, le guide nous fait encore remarquer quelques fleurs et il y a encore des oiseaux (en particulier d’énormes corbeaux à col blanc) pour accompagner notre marche.
Finalement le temps se lève et nous progressons polé polé en file indienne au milieu d’un décor devenu rocailleux. Des marcheurs passés avant nous se sont amusés à créer une « plaine des Kerns », Séverine en rajoute un en l’honneur de notre passage! La pente continue à être douce, nous avons l’impression de marcher sur un grand plateau. Difficile de s’imaginer approcher les 4000m dans de telles conditions!
Après à peine plus de deux heures de marche nous atteignons Third cave Camp! Obedi nous a prévenu que nous ne retrouverions pas les groupes croisés au Second cave Camp : ils sont sur des programmes de 6 ou 7 jours pour une meilleure acclimatation. Il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle pour nous (si on oublie le fait que nous ne serons pas très bien acclimatés) : nous serons seuls dans ce campement!
L’arrivée au camp est déjà naturelle : choisir une tente, récupérer une bassine d’eau chaude, aller prendre un thé. Le gouter n’est qu’à 18h30, nous avons encore presque 2h devant nous, Avec Mael et Quentin nous tentons une excursion vers un promontoire rocheux, un des grands corbeaux dont j’ai déjà parlé nous y attend et essaye par ses cris de nous faire comprendre qu’il est chez lui!!
Nous retournons vers le camp, Benoit a eu l’excellente idée d’apporter un saucisson et un jeu avec lui. Nous ne faisons qu’une bouchée de la charcuterie. Les guides nous font une démonstration du caisson hyperbare qui ne nous quittera pas pendant l’ascension. Obedi ne met plus personne dans le caisson pour la démo, il s’est aperçu que le cobaye arrivait rarement en haut, inutile de prendre des risques!! Globalement le caisson permet de reproduire les conditions d’une altitude inférieure pour rattraper quelqu’un en déficit respiratoire. Ça aide à descendre, pas à monter rappellent plusieurs fois les guides. Chacun donne un coup à la pompe pour la démo, l’essoufflement arrive rapidement, l’altitude commence à se faire sentir!
Le Kilimandjaro nous surplombe, imposant et majestueux, en dessous de nous une mer de nuage s’est installée. Le camp fait vraiment « haute montage » : un environnement rocheux, nous sommes seuls ; assis au dessus d’une mer de nuages et au pied d’un pic légendaire.
Le jeu se lance entre Mael, Gopu, Fred, Quentin, Benoit et Séverine. L’ambiance est forte et après quelques parties les participants se séparent « Trop intense comme jeu pour jouer à 3900m » lance Gopu dans un rire général.
Le repas est une nouvelle fois exceptionnel avec … des beignets à la viande (true story!!) pour accompagner la soupe et de nouveau des spaghetti! En dessert une sorte d’agrume : couleur de citron, taille d’une orange, gout d’une mandarine. Ça passe plutôt bien.
Avant d’aller nous coucher j’essaye de prendre quelques photos, la nuit est tombée, nous sommes vraiment seuls sur cette partie de la montagne, le ciel étoilé est merveilleux au dessus de nos têtes. Doté d’un EOS 450d et d’une technique un peu limitée le résultat n’est pas ultra probant. Quentin, beaucoup plus doué avec son plein format a pris des photos « magazine » de la voie lactée (et j’espère que s’il me lit il n’oubliera pas de me les envoyer!!!)
Nous allons bientôt entrer dans un marathon : dans les 48 prochaines heures nous tenterons d’aller au sommet avant de redescendre à une altitude légèrement inférieure au camp actuel, le tout avec une nuit de 4 heures au milieu! Le froid commence à se faire sentir, je rentre tout habillé dans mon duvet avant d’essayer de m’endormir.
